M6 Unlimited présente les Tendances 2026
Depuis près de 20 ans, M6 Unlimited s’appuie sur les signaux émergents de la société pour identifier les nouveaux enjeux marketing et les initiatives innovantes des marques dans son étude référente des « Tendances ». Cette étude est le fruit d’un travail de veille, d’observation et d’analyse en France et à l’international, et repose sur l’éclairage d’experts dans le domaine des sciences technologiques, sociales et comportementales.
Cette année, la 17ème édition des « Tendances » s’inscrit dans une période instable et imprévisible. Un climat de peur et d’incertitude ambiante qui impacte notre capacité à se projeter avec optimisme dans un futur qui n’est plus vraiment « configuré », et perturbe notre bien-être émotionnel.
Par ailleurs, la baisse de la natalité, la population qui vieillie et le nombre de personnes vivant seules qui augmente dans les pays occidentaux, vont profondément changer la structure des foyers, les modes de vie dans les décennies à venir et les tendances futures.

Dans ce contexte global, insuffler de l’optimisme et nourrir les récits d’un futur désirable est un véritable enjeu pour les marques. Un enjeu d’autant plus stratégique que le pessimisme quant à l’avenir fait stagner le désir de consommer.
Parce que les émotions jouent le rôle de boussole interne, l’intelligence émotionnelle devient une compétence clé pour s’adapter à ce monde qui manque de repères. Un nouveau paradigme de la consommation se met donc en place : celui d’un alignement des produits et des expériences de marques avec les émotions des individus.
Trois grandes tendances émergent pour renforcer les connexions entre les marques et les consommateurs :
- La résilience adaptative pour procurer un sentiment de contrôle et de sécurité
- Le micro-monde sous toutes ses dimensions pour réguler « à son échelle »
- L’évasion stratégique pour réduire la surcharge mentale, ralentir et récupérer
La résilience adaptative
La résilience permet de garder son ancrage dans le réel en toutes circonstances. Les marques qui cultivent cet état d’esprit résilient, qui offrent la possibilité de transformer les crises en opportunités vont davantage émerger dans ce contexte difficile.
Assurer la continuité entre présent et futur
Savoir prendre des décisions, résoudre des problèmes, avoir une pensée créative, de l’empathie, … Renforcer ce que l’OMS appelle les « compétences de vie » devient une nécessité pour faire face aux défis actuels et à venir, en particulier face à l’IA et au risque de déchargement cognitif et émotionnel.
A l’ère de l’IA et de la post-réalité, les marques revendiquent le « fait par un humain » et réaffirment l’authenticité des contenus non artificiels.

De son côté, l’IA devient une technologie qui s’invisibilise à mesure qu’elle se développe. Tout l’enjeu est de la considérer comme un moyen d’amplifier le talent humain sans le remplacer.
Alors que la généralisation de l’IA dans les entreprises soulève des inquiétudes sur le marché de l’emploi et pose de nombreuses questions (confiance, sens, durabilité…) les métiers qui ne peuvent être effectués par une machine sont revalorisés. Les acteurs du luxe mettent en place des solutions pour faire connaître les métiers d’art et savoir-faire d’exception et déconstruire les idées reçues, en particulier auprès des jeunes générations.
La résilience devient même un impératif commercial de base pour s’adapter aux situations les plus extrêmes. Les marques proposent par exemple des produits « tout-terrain », ultra-résistants qui peuvent être utilisés en toute circonstance.
Pour assurer la résilience à long-terme, l’innovation (re)devient ainsi le moteur du progrès pour la société et les marques partagent des récits positifs et inspirants sur leur capacité à innover pour relever les défis de demain.

A la recherche de connexions profondes perdues
Dans notre société polarisée, individualiste et hyperconnectée, les individus manquent de liens humains profonds.
Le concept de « vivre-ensemble » devient une valeur prioritaire et les marques sont des relais pour réunir les gens autour d’intérêts communs et des expériences sociales authentiques.

En parallèle, le sentiment de solitude s’intensifie dans notre société moderne. L’augmentation du nombre de foyers solos crée de nouveaux modes de vie solitaires que les marques doivent adresser tout en contribuant à la déstigmatisation sociale de la solitude.
Le marketing de la « compassion »
Dans le contexte actuel, faire preuve d’empathie, de bienveillance, de compassion devient « un service de marque » à part entière pour accompagner les consommateurs.
Ils attendent notamment des marques qu’elles intègrent une résonance émotionnelle dans leurs produits, leurs services et leurs environnements, plutôt que de s’appuyer uniquement sur l’aspect rationnel et fonctionnel qui peut être délégué à l’IA.
Les marques deviennent des partenaires de vie compatissants afin de renforcer le lien émotionnel avec les consommateurs.

Par ailleurs, dans un contexte où la confiance s’érode, la transparence et la crédibilité sont de véritables piliers stratégiques de la croissance. Les marques doivent donc donner un « pouvoir de contrôle » aux consommateurs, et peuvent même les solliciter pour contribuer en toute transparence à la réputation de la marque.
Les multi-dimensions du micro-monde
Pour réduire le bruit anxiogène du macro-monde, il devient stratégique de « réduire le monde à sa hauteur ». Les individus se recentrent sur ce qu’ils peuvent réguler car l’optimisme peut émerger « en toute simplicité » à travers des initiatives à petite échelle.

L’émerveillement sur son quotidien
Face au tumulte du quotidien, les individus doivent prendre conscience des micro-moments de joie qui rythment leurs vies car « Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d’émerveillement. » C.K. Chesterton.
Dans ce contexte, les marques s’attachent à révéler la poésie cachée de nos quotidiens. En révélant au grand jour le charme du naturel, la richesse émotionnelle qui se cache derrière certains objets que le temps et l’habitude ont rendu invisible et en capturant l’authenticité des instants banals pour nous reconnecter à des émotions spontanées.

Plus globalement, elles nous encouragent à changer de regard sur notre quotidien. Le rendre plus tendre sur les aléas et plus insouciant pour s’affranchir des émotions négatives. Des insights qui permettent aux marques de s’intégrer plus délicatement dans la vie des gens.

Le local à grande échelle
À l’ère de la post-vérité, le retour au local s’établit comme ancrage de confiance et de sens. Il n’est plus une simple échelle géographique, mais répond à un besoin de nous reconnecter à notre écosystème de proximité. Restaurer un enracinement régional, un rôle de plus en plus assumé par les marques dans un contexte de fragilisation des acteurs publics. L’utilité économique rejoint ainsi l’utilité sociale.

La tendance du Made in France traduit le désir collectif des individus à renouer avec leur identité française. Choisir le Made in France concilie qualité, engagement citoyen et transmission des savoir-faire dans un monde où l’intelligence artificielle remplace peu à peu le geste humain.
L’hyper local représente aussi une opportunité pour les marques de s’immerger dans la réalité quotidienne des territoires. Des marques d’attention personnalisée qui séduisent les consommateurs. L’action locale s’impose comme un antidote à l’impuissance. Les marques peuvent aussi transformer la fidélité transactionnelle en fidélité émotionnelle à travers des initiatives locales qui rassemblent au service d’une bonne cause.

La famille comme refuge émotionnel
Au sein du micro-monde, la famille s’affirme comme un refuge essentiel. Nous observons même l’émergence de nouveaux modèles avec les « pet parent », mais aussi l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans l’intimité des foyers. Ces évolutions redéfinissent la famille comme un écosystème relationnel en constante mutation, toujours central dans notre quête d’ancrage et de sécurité émotionnelle.
La place grandissante des animaux dans nos vies illustre une redéfinition profonde de nos liens familiaux, adaptés aux nouvelles réalités démographiques et affectives de notre société. Dans ce contexte, l’animal adopte le statut « d’enfant » auprès des jeunes adultes. Les marques s’adaptent aux codes de cette jeune génération pour leur permettre de fusionner leur identité avec celle de leur animal.
Cette tendance se traduit par un marché en pleine expansion et une sophistication croissante de l’offre dédiée aux animaux de compagnie qui fait écho à nos propres aspirations. Si ces évolutions ouvrent des perspectives économiques considérables, elles soulèvent également des questions éthiques. Les marques qui s’engagent sur ce marché doivent prendre conscience de leurs responsabilités car la superficialité n’est pas permise quand il s’agit du vivant.

L’évasion stratégique
Au-delà du micro-monde, trouver des échappatoires devient stratégique et constructif. L’évasion n’est plus une simple fuite en avant ou un déni de la réalité mais un rituel essentiel de préservation mentale et émotionnelle.
La nostalgie pour mieux envisager son futur
La nostalgie dépasse le simple effet de mode et s’intensifie face aux turbulences que nous traversons actuellement et la vision d’un futur brouillé. Une idéalisation d’un passé plus lisible et rassurant qui se manifeste par la résurgence de codes esthétiques « pré-algorithmiques » de 2016, et l’attrait pour des technologies vintage.
Pour les marques, cette nostalgie devient stratégique quand elle dépasse la simple « marchandise émotionnelle » et se transforme en source d’inspiration pour le présent.
Un phénomène de régression assumée qui a permis au marché du Kidulting de se développer de manière fulgurante. Les marques surfent sur cette tendance où l’on raisonne davantage par affinités culturelles que par tranches d’âge.

L’univers ludique s’étend désormais à l’ensemble des secteurs. Face à un monde perçu comme toujours plus anxiogène, le jeu s’impose comme une forme de lâcher-prise et de joie collective.
Mille et unes expériences pour s’échapper
Au-delà du foyer et du travail, les individus recherchent expressément des tiers-lieux pour ressentir et expérimenter le monde autrement.
Pour répondre à cette quête de sensations réelles, les marques démocratisent l’accès à des activités outdoor en valorisant le premier pas plutôt que l’expertise, ou en transformant le voyage en défi physique et mental.
Les consommateurs aspirent à des expériences multisensorielles et immersives pour créer des souvenirs durables. Dans une économie de l’attention, le temps et l’engagement émotionnel deviennent alors de précieuses monnaies d’échange.
Les expériences IRL deviennent également le nouveau territoire d’expression des fandoms. Une manière de faire sortir les univers fictifs des écrans et des étagères pour matérialiser les passions et resserrer les liens communautaires.
Enfin, les points de vente dépassent leur dimension transactionnelle et se réinventent en véritables tiers-lieux. Une tendance qui concerne même les entreprises du numérique soucieuses de créer des connexions tangibles et authentiques avec leurs utilisateurs.

La fuite d’un rythme de vie effréné
Ralentir, récupérer, se reposer, se régénérer deviennent des moyens d’évasion pour échapper à un rythme de vie accéléré. La récupération est essentielle également à la performance.
Dans un contexte où chacun devient de plus en plus acteur de sa propre santé, le bien-être sous toutes ses formes devient une priorité.

Répondre à l’épuisement professionnel devient un enjeu à mieux prendre en compte, notamment avec l’explosion de l’usage de l’IA en entreprise. Des initiatives se mettent en place, comme la semaine de 4 jours, et les marques expérimentent le rire et la légèreté dans leurs communications pour aborder ce sujet sérieux du bien-être au travail et inviter les salariés à décompresser.
Dans un monde où tout s’accélère, les marques valorisent le slow marketing. Cette approche à la fois douce et radicale invite les consommateurs à ralentir pour reprendre goût aux choses et retrouver du sens.
Un retour à l’essentiel qui se traduit aussi par le besoin physiologique de se réaligner avec le rythme circadien. Alors que le temps de sommeil ne cesse de diminuer, les marques sensibilisent les consommateurs au mieux dormir et les accompagnent dans cette démarche.

Enfin, les marques continuent de sensibiliser aux risques de dépendance aux écrans et le besoin de s’en détacher. En parallèle, nous assistons à un véritable paradoxe générationnel : ce sont les jeunes générations hyperconnectées qui prennent l’initiative de trouver des alternatives pour se détacher des écrans. La Gen Z se tourne plus particulièrement vers des pratiques analogiques pour échapper au bruit numérique, reprendre le contrôle de leur attention et leur rapport au temps.
Mots-fléchés, puzzles, broderie, tricot, crochet, … Les produits et expériences qui offrent des passe-temps analogiques pour décrocher des écrans se multiplient. Une manière de réintroduire de la lenteur, de la matérialité et de se recentrer face au tout-digital.
Une pause numérique qui permet de nous ressourcer mais aussi de questionner la place de l’IA dans notre société à moyen-terme. La place de l’IA dans la production de nos contenus et comme source d’informations. La place de l’IA et des robots humanoïdes dans nos foyers, dans nos interactions sociales ou comme nouveau collègue de travail dans nos entreprises.
La technologie restera un outil au service de l’humain, un moyen de renforcer nos liens plutôt que de les remplacer. Un avenir qui sera à la fois plus connecté mais aussi nécessairement plus humain permettant ainsi de recréer du lien et de la cohésion sociale.